Je pousse la porte

Et je vois … non je ne vois pas … je croyais voir …

Je m’attendais à voir ton visage, mais rien ou plutôt si …

Des signes de ta présence sont là,

des petites notes écrites rapidement dispersées un peu partout,

des mouchoirs en papier sur le bureau,

ton téléphone en recharge

et ton sac ouvert …

qui disent qu’il y a un instant encore, tu étais là à t’affairer, 

à penser à mille choses et mille gens

en les examinant à l’endroit et à l’envers,

en considérant leurs dix mille particularités

trouvant que, décidément, tout cela te pesait

et que tu aspirais à vivre libre de toutes ces complexités et

de ces nombreuses obligations qui ne finissent jamais …

Et c’est là que ta cogitation a pris un tour original :

tu as ouvert la fenêtre et, sans un bruit, tu as pris ton envol,

par-dessus les carottes et les pommes posés sur le balcon

vers des pensées nouvelles, des imaginations folles, des plans audacieux

qui allaient bousculer certaines personnes,

toi y compris.

Le monde n’allait pas rester ce qu’il est dans sa médiocrité et sa

platitude. Tu t’es mise à rêver en grandeur nature, 

en plus vrai que nature, 

qu’il fallait changer cela en partageant

 avec quelques personnes,

« touchées par la grâce »,

ta vision de relations transformées et illuminées 

par l’expérience vraie d’une vie jaillissant en élans créatifs,

en mouvements de danse et en chants improvisés,

en expressions d’adoration qui élèvent l’âme

sur des hauteurs jamais atteintes

où il est possible de rester suspendu,

le temps d’une prière

C’est à ton retour du balcon que je t’ai retrouvée, et lorsque nos regards se sont croisés … trois goélants se sont envolées 

de tes yeux …