Les âges de la vie

J’ai rencontré un homme qui pense joyeusement,

Un sacré voyageur : il a soixante-douze ans.

Il a goûté à tout, vu tous les continents,

A rencontré des noirs, des jaunes et quelques blancs.

A tous, il leur a dit de bien compter leur temps.

 

Tu es encore enfant mais déjà le soleil

La lune et les étoiles chantent à tes deux oreilles

Que ta courte vie file et qu’il faut t’en saisir,

Même si les orties piquent et te font bien souffrir.

Malgré tous les chiens bleus qui hurlent dans le noir,

Mets-toi en route, trace ton chemin, cap sur l’espoir.

 

 

Te voilà donc parti. Pour toi, le jour se lève

Et éclaire l’autre moitié de ton humanité.

Avec ses longs cheveux qu’un vent plaisant soulève,

Ses mains qui parlent, ses yeux qui chantent, son vœu secret

C’est que tu accueilles ses cris, ses pleurs et ses torts

Afin qu’ensemble, vous soyez plus forts que la mort.

 

 

Au début, tout est beau, mais nos cœurs sont profonds.

Tous les deux, nous nous sommes penchés sur la margelle

Pour sonder les mystères pesants de nos bas-fonds

Et voir que nous n’en sortirions pas d’un coup d’aile.

Mais quand tout semble perdu, il y a un recours :

Entrer en soi et prendre le chemin du retour.

 

Depuis ce jour, nous n’étions plus deux, nous étions trois !

Le juste, le bon, le doux, le patient, le vrai Roi

Celui dont nous ne rêvions pas, nous avait conquis.

Avec lui, nous avons reçu le don de vie

Qui ne passe pas, qui est lumière et renaissance.

Et, cela, de toute la vie, c’est vraiment l’essence.

 

J’ai rencontré un homme, qui pense sérieusement

Un sacré voyageur : il a soixante-douze ans.

« Jeune homme, dit-il, va, cours et danse avec le vent

Fais ce qui te plaît, suis ton cœur dans ses élans !

Mais souviens-toi bien du jour du grand jugement.