1
Une nuit, deux amis se tenaient par la main
Et sur le chemin se parlaient sans peur.
Ils marchaient sous la voûte profonde du ciel
Qui, penchée sur eux, écoutait
Le chant qui naissait en eux :
Mon amie, je te tiens tu me tiens par la main du cœur.
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En les regardant, les curieux demandaient pourquoi
Le ciel se montrait si attentif à leur passage ?
Qui étaient-ils pour que la lune, les étoiles
Et tous les hôtes de la nuit n’aient d’yeux que pour eux ?
N’avaient-ils pas d’oreille ? N’entendaient-ils pas ?
Mon amie, je te tiens tu me tiens par la main du cœur.
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Derrière leurs pas, la nuit effaçait le sentier et
Emportait leur chant mystérieux. Elle conservait jalousement
La musique de leur parole et les senteurs de leurs pensées.
Personne n’aurait pu dire qu’ils étaient passés par là.
Ô, jeunes gens, apprenez à votre tour ce chant :
Mon amie, je te tiens tu me tiens par la main du cœur.
Sous les draps de la nuit, dans la chaleur de leur lit,
Les deux amis fermaient les yeux pour laisser
Danser leur corps. Ils se disaient, en chuchotant,
Leurs derniers secrets. Puis la tête dans les mains de l’autre
Leurs âmes apaisées entonnaient :
Ô, je te tiens, tu me tiens par la main du cœur.
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Déjà le jour s’est levé et chacun doit partir de son côté.
Tant de questions, d’incertitudes et, parfois, de craintes !
Tu iras seul sur le chemin et moi sur le mien, mais
Nous nous retrouverons, à la tombée du jour
Pour chanter à notre Ami le cantique qu’il nous a appris :
Ô, mon amie, je te tiens tu me tiens par la main du cœur.
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Et ainsi, jusqu’à ce qu’il n’y ait plus de temps, nous chanterons
Ô, mon amie, mon ami, je te tiens tu me tiens par la main du cœur.